Lionel Stocard ne peint pas des salles de bain, pas plus qu'il ne cherche à représenter des baignoires.
Ces baignoires-sarcophages posées incongrûment sont là comme depuis toujours pour nous transporter de la matière réalité à un ailleurs matière de l'esprit.
Qu'y voit-on ? Une figure de rhétorique picturale par laquelle l'immatérialité de l'objet et le spirituel du sujet débordent, formant ensemble des exhalaisons impalpables, vapeurs ondines que seul dissipera le passage au monde du rêve.
Pas de corps sur ces toiles, seulement une nudité latente ; mais c'est nous qui sommes mis à nu par cette froide ébullition qui nous repousse et nous attire comme un rêve dont on saurait ne jamais revenir.
Texte de Marjorie Cagnasso

"Baignoire", 120 x 120 cm, huile sur toile, 2004