Un ciel infiniment crevé pèse sur un pays tellurique. Sans pesanteur pourtant.
Car enfin il faut bien ce mariage du vaste et du clos pour ouvrir sur la vérité intérieure.
De vagues présences, comme autant de naissances subites flottent avant la disparition onirique, la seule présence véritable.
Ces silhouettes-statues qui avancent immobiles : Pour aller où ?
Sans retour, elles filent pour quitter le vide et la réalité, appelées par un vide autrement plus réel. Qu’y a-t-il donc au-delà du passage ? Un âge d’or ? Un rêve commun ? Un oubli de soi peuplé de souvenirs ?
Ce noir de bitume cache-t-il des couleurs éclatantes ?
Le non-sens de cette réalité noire que perce le néant par endroits s’est craquelé à force d’oppression.
Alors, une fente lumineuse et profonde semble happer ces silhouettes fantomatiques vers leur esprit perdu, asséché de vie organique et plein des vies d’un ailleurs sans nom.
Et ces corps sans figures qui s’effacent avec tellement de présence nous appellent puisque comme eux nous cheminons du vide au vide à la conquête de nos rêves.
Marjorie Cagnasso
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"Passage", 100 x 100 cm, acrylique et gilsonite, 2003